accords de partenariats/sect prive

e secteur privé mauritanien face à l’Accord de Partenariat Economique (APE).

L’hotel Tfeila a abrité hier matin les travaux de l’atelier Trinnex Mauritanie qui se déroulera du 22 au 24 novembre. Cet atelier se tient sous le thème : « Le développement du secteur privé dans le contexte actualisé des APE »

Cet important atelier d’information et de concertation sur l’Accord de Partenariat Economique (APE) UE/CEDEAO + Mauritanie Proinvest1 est organisé par PRO€INVEST en collaboration avec la Chambre de Commerce d’Industrie et de l’Agriculture de Mauritanie (CCIAM) et l’Union Nationale du Patronat Mauritanien (UNPM).

Les objectifs de l’atelier sont : d’informer et sensibiliser les opérateurs privés mauritaniens sur l’Etat d’avancement des négociations UE/ CEDEAO + Mauritanie , d’étudier les implications de cet accord pour le secteur privé mauritanien en termes d’avantages, de défis à relever et de risques liés à la non signature de l’APE ; d’identifier les appuis nécessaires au secteur privé pour relever les défis en termes de renforcement de compétitivité des entreprises; de recueillir les suggestions et recommandations des participants sur la position du secteur privé mauritanien face aux enjeux de l’APE.

La cérémonie d’ouverture de ce séminaire a été présidée par le secrétaire général de la chambre de commerce et d’industrie de Mauritanie, M. Wane en présence d’un conseiller du ministre du commerce, de hauts représentants de l’Union européenne, de la CEDEAO, de l’UEMOA, de la CCIAM et de l’UNPM.

Discours officiels.

Dans son discours M. Wane a affirmé que « les autorités mauritaniennes ont conçu et mis en exécution un programme ambitieux qui attend d’atteindre sa vitesse de croisière. Pour lui, l’objectif c’est de faire de la Mauritanie un pays ouvert et attractif pour les investisseurs.

Il a noté au passage que la dynamique de l’intégration économique est appelée à se renforcer avec cet accord. Mais faudrait-il
poursuit-il qu’il y ait une remise à niveau de nos entreprises nationales et que nos négociateurs prennent en compte les intérêts économiques des opérateurs. »

Lui succédant, le représentant de la CEDEAO a estimé qu’ « il ne peut pas y avoir d’accord APE si les opérateurs économiques ne sont pas impliqués. » Pour sa part, le représentant de la Délégation Européenne a affirmé que « ce séminaire est une occasion unique pour le secteur privé pour faire entendre sa voix. Il a souligné au passage la longueur de ces négociations qui pourraient s’étaler sur 25 ans. »

Pour le représentant européen, le 10 ème FED grâce à un budget de 5 millions d’euros accompagnera le secteur privé pour l’adoption de ces accords. Ce programme devrait être signé en 2011 et s’étalera sur 4 ans.

Un tour de table fructueux
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Après les discours officiels les participants vont entrer dans le vif du sujet avec une première intervention du directeur du commerce extérieur qui a fait un exposé global sur l’APE et les objectifs de cet atelier. Ce sera ensuite autour de M. Samuel Yemene de faire le point sur les enjeux, opportunités et défis des APE dans le secteur douanier et la facilitation des échanges en Mauritanie.

Il ressort de cette intervention que les principaux clients actuels de la Mauritanie sont non pas les européens comme on a tendance à le croire mais plutôt les asiatiques.

Et à M.Yemene de rappeler que les entreprises mauritaniennes tant qu’elles ne peuvent pas être compétitives ne pourront pas supporter la concurrence. Il a enfin affirmé que la Mauritanie a intérêt à financer un APE complet. En réaction à ces deux premières interventions, le Député Guélaye a déploré le fait que le parlement soi exclu du comité de pilotage des APE mis en place depuis 2007 rappelant par ailleurs qu’au niveau du comité paritaire ACP-UE, il y a des représentants du parlement qui suivent de près cette question.

De son côté, M. Lafdal Ould Abdel Wedoud, Secrétaire Général de la Fédération Nationale du commerce a dit qu’il n’a pas été convaincu par les exposés. Pour lui, « l’APE n’a été présenté que comme un traité international présentant une stabilité juridique soulignant qu’il ne voit pas en quoi il pourrait être bénéfique pour la Mauritanie. »

M.Lafdal trouve par ailleurs que pour le port de Nouakchott, les tarifs sont chers donc pas concurrentiels par rapport à ceux de la sous région. Pour lui, le règlement de cette question est prioritaire par rapport à l’APE. Le Secrétaire Général du patronat M. Seyid Ould Abdallahi regrette de ne pas avoir pu faire un suivi du dossier APE.

Il demande que l’on soit concis et objectif durant cet atelier. Pour ce faire, le contexte et les objectifs doivent être clairement définis. Il a aussi invité à éviter la surpression fiscale et souhaité qu’on sorte de cet atelier avec une idée précise du secteur privé mauritanien.

Pour Sid’Ahmed Ould Abeid dirigeant d’associations nationale et africaine de pèche artisanale, « cet accord est important mais conseille-t-il, il ne faut pas signer un APE à n’importe quel prix. » Il a souligné qu’il y a deux partenaires dont l’un est très puissant.

Pour M.Sid’Ahmed, « nous subissons l’effet d’un accord de pêche injuste et déloyal. Et il faut que nos négociateurs tiennent compte de cette réalité. » Pour lui, il faut tenir compte des producteurs nationaux.

Pour le représentant de la CEDEAO M. Antoine, il s’agit là d’un accord multidimensionnel et complexe qui touche aux intérêts de nos entreprises. Et M.Antoine qui soi dit en passant a souhaité la réintégration de la Mauritanie à la CEDEAO a affirmé que si les négociations s’allongent, c’est que chaque partie veille à ses intérêts.

Autre réaction, celle du député Mohamed El Moktar Ould Zamel qui a conseillé de « bien réfléchir avant la signature d’un tel accord dont l’impact sur nos enfants et petits enfants doit être bénéfique. » M. le député a également défendu la farouche volonté de la Mauritanie de sortir du club des PMA et de voler de ses propres ailes.

M. Sadava Ould Cheikh du bureau national de l’élevage a abondé dans le même sens en demandant à nos négociateurs d’être armés de patience car dit-il, « il n’y a pas que l’Europe, il y a les chinois et tous les autres. »

A propos de Proeinvest et Trinnex
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Rappelons enfin que Proeinvest est un programme du Groupe des États ACP et de la Commission européenne pour la promotion des investissements et le transfert de technologies dans les États ACP. Sa gestion est confiée à une unité de gestion au sein du Centre pour le Développement de l’Entreprise (CDE) sous la supervision de l’Office de Coopération EuropeAid de la Commission européenne. Suite à l’Accord de Cotonou signé en juin 2000, il est prévu la négociation et la mise en œuvre de l’Accord de Partenariat Economique (APE) qui établit la réciprocité dans les préférences commerciales.

Ce nouvel accord est envisagé pour être vecteur de développement de la région Afrique de l’Ouest. Il prend en compte les aspects liés à l’amélioration de l’accès aux marchés et la dimension développement devant permettre à la région de s’adapter au nouveau contexte de libre échange et d’en tirer profit.

En ouvrant les marchés, l’APE devrait permettre d’accroître les exportations de produits et les importations des équipements de technologie induisant l’accroissement de la productivité. La mise en œuvre de l’APE induirait également des effets indirects tels que la transmission des signaux forts aux opérateurs économiques sur les institutions et la crédibilité, en termes de bonne gouvernance économique.

La mise en œuvre de l’APE n’entraîne toutefois pas que des effets positifs. En effet, la plupart des études d’impact ont analysé les conséquences de l’ouverture commerciale sur l’évolution des flux commerciaux et sur les recettes douanières. Il s’agit d’un point d’inquiétude important pour la région Afrique de l’Ouest qui craint que l’impact fiscal net de l’APE ne se traduise par une réduction substantielle des dépenses des Etats et organisations

régionales, y compris dans les domaines sociaux tels que l’éducation et la santé. La Mauritanie ambitionne d’atteindre les objectifs du millénaire à l’horizon 2015. A cet effet, elle se propose de renforcer sa politique de développement économique et social qui continuera à être centré sur la lutte contre la pauvreté à travers le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP). Trois secteurs d’activité économique connaissent actuellement une dynamique très forte : le secteur agricole, le secteur de la pêche et le secteur des mines.

PRO€INVEST soutient le renforcement institutionnel des organisations intermédiaires (OI) ACP, telles que les chambres de commerce, les associations commerciales et les agences de promotion des investissements, pour leur permettre d’améliorer leur services et accroître les opportunités d’affaires de leurs membres. PRO€INVEST travaille également avec les Groupement économiques et les organisations régionales afin de faciliter les programmes d’intégration régionale.

S’agissant de TRINNEX Mauritanie, son objectif global du projet est d’aboutir à un renforcement durable des capacités commerciales du secteur privé mauritanien dans le cadre de la signature d’un Accord de Partenariat Economique (APE).

L’objectif spécifique de l’intervention est double :un atelier TRINNEX est organisé - les représentants du secteur privé sont informés ;des conditions liées à la signature d’un APE en termes d’opportunités et de défis, ainsi que des risques liés à la non signature de l’APE ;les appuis nécessaires au secteur privé mauritanien pour tirer le meilleur parti des avantages découlant de la signature de l’APE et pour lui permettre de s’adapter, dans une phase transitoire aux défis de la libéralisation commerciale sont identifiés.

Les principales parties prenantes au niveau national, régional et international de TRINNEX Mauritanie sont : Le secteur privé mauritanien, bénéficiaire final de l’intervention ;La Chambre de Commerce, d'Industrie et d'Agriculture de Mauritanie (CCIAM);L’Union Nationale du Patronat Mauritanien (UNPM) ;

Les Ministères directement concernés (Commerce, Elevage, Pêche, Tourisme, etc..) ;La CEDEAO et l’UEMOA ;La Délégation de l’Union Européenne et le Programme PRO€INVEST et les autres Partenaires Techniques et Financiers (PTF) actifs en Mauritanie et dans la région.

Compte rendu Bakari Guèye

 


Toute reprise d'article ou extrait d'article devra inclure une référence à www.cridem.org

 



23/11/2010

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