Des voix africaines partagent leurs inquiétudes pour la pêche artisanale lors de l'événement 'Slow Fish'


Le 'Slow Fish' de cette année, - l'événement sur les produits de la mer de l'initiative Slow Food-, s'est tenu fin Mai à Gênes, et s'est focalisé sur les pêcheries artisanales mondiales : 'Nulle part ces gardiens de l'écosystème marin, qui comptent sur les ressources de la mer pour leur survie, ne sont plus en danger qu'en Afrique. Autrefois riche en poissons, les mers de la côte occidentale africaine ont été épuisées par les bateaux-usines énormes d'Europe et d'Asie, laissant derrière eux la pollution et la dévastation sociale', dit le communiqué de presse de Slow Fish.
Des experts africains de Mauritanie, du Sénégal et du Kenya sont intervenus sur ces questions dans un atelier intitulé « Pêche en Afrique : Enjeux sociaux et de santé». Nedwa Mochtar Nech, de l'ONG Mauritanie 2000, a décrit la situation dans son pays, expliquant qu'en raison de la prédominance de la pêche industrielle et des exportations, 'la pêche a perdu son utilité sociale. La pêche est devenue une activité économique visant principalement l'exportation. Si le marché a besoin de poulpe, les gens pêchent le poulpe. La pêche est sous la coupe des lois du marché, régie par la demande plutôt que par l'offre...  les commerçants sont tout puissants, fixant les prix et dictant leurs règles'. Le journaliste sénégalais Madieng Seck a expliqué que les pêcheurs artisans se sentent ignorés par les autorités, qui fournissent des licences aux bateaux-usines sans consulter les communautés locales de pêche. Il a établi un parallèle avec l'accaparemment de la terre, déclarant « ces bateaux accaparent la mer. Ils pêchent ce qu'ils veulent, puis partent.». Ali El Haidar, plongeur et écologiste sénégalais, a montré un film donnant beaucoup d'exemples des pratiques non durables par la pêche artisanale, comme l'utilisation des filets à petites mailles, la pêche de requins femelles, l'utilisation d'immenses filets par des bateaux minuscules. Pour lui, la solution passe par l'établissement de zones marines protégées et de la division des eaux en zones réservées à la pêche artisanale, à la pêche au filet et zones sans aucune pêche. Mwanatumu Juma a voyagé du Kenya. Elle décrit comment les communautés locales utilisent des « unités de gestion des plages» pour contrôler la pêche et l'environnement côtier. Cornelia Nauen, présidente de Mundus Maris - les sciences et les arts pour la durabilité, a montré comment la densité de grands poissons a diminué au large de la côte d'Afrique occidentale, vu que l'intensité de pêche a explosé au cours des 40 dernières années. « D'abord la pêche élimine les grands poissons, puis les petits pélagiques, et finalement tout ce qui reste, ce sont des méduses » a t'elle expliqué, utilisant la Namibie comme exemple. « Ce pays avait 15 millions de tonnes de poissons dans ses eaux et maintenant, il a 12 millions de tonnes de méduses et beaucoup moins de poissons. » Elle a parlé des avantages de la pêche artisanale - utilisant moins d'énergie, moins destructive, plus sélective, employant plus de personnes, avec de meilleurs impacts sociaux. Elle a proposé la création de zones marines protégées, l'appui à la formation et au crédit pour des femmes. Elle a aussi mentionné l'importance de travailler avec des artistes et des historiens pour conserver la mémoire et les traditions des communautés. « Nous devons avoir plus de respect pour ces traditions, » a-t'elle dit, « pas simplement avoir des personnes des pays développés qui viennent et qui supposent qu'elles ont toutes les réponses».
Sources
Slow Fish press release, Voices from East and West Africa at Slow Fish, 29 May 2011
http://www.slowfish.it/pagine/eng/stampa/comunicato.lasso?id=5960B39C0ceaf20AB2Vlv1642328&ln=en&-ed=032
 

 source  ong  cape



16/06/2011

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