Economie :Mareyeur. Une profession en danger ?

 

Moins de poisson frais, un consommateur séduit par le saumon d'élevage, des grandes surfaces très exigeantes... Les mareyeurs sont dans la tourmente. Le point avec Emmanuelle Sauvion, leur porte-parole.

Le mareyage est passé de 660 entreprises en 2000 à 350 aujourd'hui et de 9.000 à 5.000 salariés actuellement. La profession est-elle sinistrée?
Sinistré n'est pas le terme. Mais c'est vrai qu'on est confronté à des grosses difficultés. La baisse des apports, la pression des environnementalistes, les plans de sortie de flotte et la crise économique exigent du mareyeur qu'il s'adapte. C'est son boulot, c'est quand même un peu ce qu'il fait tous les matins. Et s'il y a eu effectivement plusieurs fermetures récemment, c'était aussi lié à des clients espagnols qui ont planté des entreprises de marée.

Autre mauvais indicateur: nombre de mareyeurs ne trouvent pas de repreneur au moment de la retraite...
C'est vrai, une entreprise tient beaucoup à l'individu, à sa connaissance des produits et des marchés. Le mareyeur va chercher le poisson où il peut et essaie de le placer sur le marché. Il s'occupe de sa transformation. Ce n'est pas facile à transmettre.

Pensez-vous que la concentration, les regroupements d'entreprises soient la solution d'avenir?
Pas forcément. Plus gros, ça veut dire qu'il faut aussi jouer sur des gros volumes. Les petits sont plus réactifs. Le mareyage doit demeurer pluriel. Il ne peut pas être standardisé.

Les grandes surfaces souhaitent des apports réguliers, davantage d'anticipation. À défaut, elles risquent d'augmenter encore la part des produits d'élevage dans les rayons. Êtes-vous prêts?
Le risque, quand on parle de contractualiser avec les GMS, c'est que ça se passe directement entre les pêcheurs et les grandes surfaces, par-dessus les mareyeurs. Les apports réguliers sur des gros volumes, ce n'est possible que sur certaines espèces de poissons. Mais qui vendra les grondins qui ont été pêchés avec les espèces nobles, si on condamne le mareyage? Qui s'occupera des litiges avec les GMS et de la transformation du poisson? Il faut que les mareyeurs conservent leur place d'intermédiaires et que les pêcheurs jouent le jeu en donnant plus d'informations sur le poisson qui va être débarqué.


Pensez-vous que la filière pêche peut s'organiser comme la filière bovine par exemple?
Attention à ne pas dupliquer des schémas quand on a affaire à une activité saisonnière et des espèces pas forcément valorisables. Ce qu'il nous faut, c'est davantage de dialogue au sein de la filière mer, comme nous essayons de le faire actuellement avec notre nouvelle association France filière pêche qui regroupe toutes les professions du pêcheur à la grande surface.

  • Propos recueillis par Flore Limantour

source : http://www.letelegramme.com/ig/generales/economie/mareyeur-une-profession-en-danger-14-09-2010-1048790.php



23/02/2012

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