Interdiction des chaines racleuses

Interdiction des chaines racleuses: Turpitudes dans les relations hispano-mauritaniennes! Alors que le Parlement Européen vient d’afficher clairement ses positions sur le respect des équilibres écologiques, les pêcheurs espagnols à la crevette menacent de se retirer des eaux mauritaniennes, suite à la notification qui leur a été faite par les autorités nationale de la prohibition des chaines racleuses dans cette pêcherie. La presse espagnole s’est largement fait l’écho, mercredi de la menace brandie parla Confédérationdes pêcheurs espagnols de ne point renouveler les licences de pêches pour les 24 navires de pêche aux crustacés présents dans les eaux mauritaniennes dans le cadre de l’Accord de Partenariat de Pêche. Un accord qui vient à expiration, en juillet 2012 et dont le Parlement Européen vient d’autoriser le renouvellement sur la base du juste équilibre entre «rentabilité économique et respect écologique». Alibis financiers Mais la grogne des armateurs espagnols fait suite à la notification par le ministère des pêches mauritanien d’une mesure technique de protection de la ressource visant à atténuer l’effort de pêche sur cette espèce surexploitée notamment par les navires de pêche espagnols et qui largement impactées par les techniques de raclage qu’ils utilisent. De l’avis de l’Association nationale des armateurs marins (ANAM), ses affiliés n’apprécient pas quela Mauritanieinterdise «unilatéralement» la pratique de pêche cette pêche. Ils évaluent les pertes économiques d’une telle mesure à plus de 20% (crevette) et 40 % (langouste). Selon cette association l’inactivité des 24 navires de peche espagnols affectera 384 membres d'équipages à bord et 1.920 emplois indirects à Huelva et en Galice. Le président de l’Association insiste sur le fait que le Conseil scientifique conjoint n’a pas encore tranché sur les questions de l’impact du chalutage et sur l’usage des chaines racleuses. Ce comité ne s’est plus réuni depuis 2008. .Il est cependant admis à l’évidence que le chalut à crevette a un impact écologique en rapport aux importantes quantités de prises accessoires et des rejets de poisson alors que parallèlement il détruit les écosystèmes et les habitats marins sensibles. Le CSC dont se prévaut aujourd’hui le président de l’Association espagnole, avait estimé, dans ses conclusionsque «la chaîne racleuse ne pourra être formellement autorisée que si des mesures de gestion visant à diminuer l’impact global du chalut sont parallèlement introduites et appliquées aux bateaux de toutes les flottes concernées par la pêcherie crevettière dans la ZEE mauritanienne».Fin de citation. Le même compte-rendu du CSC précise aussi que «la décision de mettre en oeuvre l'Approche Ecosystémique des Pêches, décision à laquelle la Mauritanie et l'UE ont souscrit, impose de rechercher en permanence une "minimisation de l'impact écologique des pratiques de pêche ». Un esprit réitéré récemment par la résolution du Parlement Européen appelant à plus de prudence dans le renouvellement de l’APP avec la Mauritanie notamment en ce qui concerne les ressources surexploitées (poulpes, crevettes…). Chaines racleuses, l’impossible sélectivité De sérieuses donnes corroborent les impacts négatifs tant économiques (rejets importants et prises accessoires) qu’environnementaux (déstabilisation des écosystèmes marins) de l’usage des chaines racleuses. Les scientifiques recommandent à en atténuer l’impact estimant que « la priorité soit donnée à l'amélioration de la sélectivité ; la réduction des rejets est un enjeu majeur pour ces pêcheries (voir paragraphe suivant). Parallèlement, des essais concernant les impacts sur l'habitat devraient être conduits concernant non seulement des dispositifs alternatifs à la chaîne racleuse, mais également l'utilisation de panneaux à plus faible impact ».. Mais tout cela n’est que de la poudre aux yeux estime, le président de l’ANAM. Pour lui, ce durcissement des mesures techniques mises en œuvre parla Mauritaniereflète une stratégie pour faire face à la pression à renégocier l'accord de pêche avec l'Union européenne prévue pour l'année prochaine parce que «nila FAOni L'Union européenne ne contesté l'utilisation de la chaîne racleuse, interdite seulement en Mauritanie et à Madagascar". Il a appelle donc Bruxelles à s’impliquer pour faire revenir les autorités mauritaniennes sur cette mesure technique de conservation. Après donc la résolution du Parlement Européen et les pressions dela Franceet de l’Espagne surla CommissionEuropéenne, voici venu le temps des turpitudes hispano-mauritanienne liées à la gestion des ressources halieutiques. Jedna DEIDA (Le Quotidien de Nouakchott et REJOPRAO) Sélectivité chalut : Les prises accessoires 80 0 90% (Bouzouma, chercheur IMROP) M. Ould Bouzouma (IMROP) a présenté au CSC les résultats du programme en cours de réalisation concernant la sélectivité du chalut à crevette. Les captures accessoires de la flottille crevettière varient entre 80 à 90% des prises. La majeure partie de ces captures est rejetée en mer. Afin de réduire l’impact de cette pêcherie sur les ressources autres que crevettes, l’IMROP a mis en place un programme pour l'amélioration de la sélectivité du chalut à crevettes par l'introduction d'une grille sélective (chalut avec grille Nördmore). Ce programme a démarré en 2005 avec l’appui des partenaires hollandais et canadiens par une campagne test. Les résultats encourageants de cette campagne ont amené l’IMROP à poursuivre les travaux à plus grande échelle. C'est ainsi qu'en 2008, une campagne test sur le choix des écartements des barres de la grille a été menée en mai 2008. Les résultats de cette campagne montrent une importante réduction des prises (environ 95% des ces espèces s’échappent grâce à la mise en place de la grille). Cependant, les pertes des crevettes sont significatives (en moyenne 40% des captures de langostino et environ 30% des gamba). Ces pertes sont imputables au mauvais fonctionnement (asymétrie) du chalut durant les opérations de chalutage, jouant ainsi sur l’angle d’attaque de la grille qui a un rôle déterminant dans le bon fonctionnement de ce dispositif. En outre, la présence des pots à poulpe perdus et des débris dans certaines stations a obstrué la grille, en empêchant le passage des crevettes. Tiré du Rapport de la seconde réunion du Comité Scientifique Conjoint RIM-UE Rennes, 8 au 10 octobre 2008 Source/REJOPRAO


19/05/2011

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