LA farine transforme les dechets de poisson en argent

A nouadhibou,il ya plusieurs tonnes de dechets de poissons tansformes dit guedj qui derangent la mairie et l'autorite , pour trasformer ces dechets en produit de valeur,voila un model realise par un encien mareyeur senegalais:  

MD.RABIH/ndb /RIM

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par Abraham Brahima

Sénégal
Sénégal : la farine de poisson transforme les déchets en or

(Syfia Sénégal) Un entrepreneur sénégalais de Joal a eu l'heureuse idée de fabriquer un aliment pour volaille et de l'engrais à partir des encombrants déchets de poissons. Coup double : la ville est devenue plus propre et plus prospère. Et le pionnier fait des émules. "La cité des mouches" ne mérite plus son nom. Joal, le premier centre de débarquement des produits de la pêche au Sénégal, avec 159 000 tonnes par an, soit le tiers de la production nationale, s'est débarrassée de ses mouches en même temps que des milliers de tonnes de déchets de poisson malodorants, qui accompagnent inévitablement de telles activités. Dorénavant, les têtes, écailles, peaux, ainsi que tous les restes rejetés par les pêcheurs sont transformés en farine, vendue comme aliment pour la volaille ou comme engrais organique. Une aubaine pour la municipalité pour qui "la transformation de ces déchets règle un vieux problème dans la commune qui ne pouvait plus s'en occuper", reconnaît Mamadou Sarr, responsable de la cellule locale de développement à la municipalité. Joal, cité de pêcheurs de 35 000 âmes, à 100 km de Dakar, s'est ainsi vue débarrassée de ses hordes de mouches, vecteurs de maladies. Devant les unités de production et de vente de farine, l'affluence ne tarit pas. Au bruit des machines à broyer se mêlent les exclamations intermittentes des vendeuses de déchets. Des hommes d'affaires guinéens, togolais, burkinabé et ghanéens se sont lancés dans ce recyclage des déchets de poisson, rentable pour tout le monde. Mais, c'est indéniablement Saliou Ndiaye qui a été le pionnier de cette industrie. Trois nouvelles unités de production appartenant à d'anciens de ses collaborateurs ont ainsi vu le jour à Joal.
Pionnier millionnaire
En mars dernier à Dakar, à l'occasion de sa première participation à la Foire internationale de l'agriculture et des ressources animales (Fiara), les produits de Saliou Ndiaye, sa provende dénommée Bioprotéines et son engrais organique de poissons, Bios, ont connu un vif succès. Une foule de visiteurs a pris d'assaut le stand de la société Biojoal et entamé des discussions : "Êtes-vous sûr que votre farine de poisson n'entraînera pas chez mes animaux des maux semblables à la vache folle ?", interroge Abdou Khadre Diop, un client. Pour convaincre, Saliou Ndiaye faisait à chaque fois la démonstration de l'innocuité de ses produits, en rappelant ce sont les farines de viande et d'os qui sont à l'origine de l'ESB, pas la farine de poisson pêché en mer. Convaincu, Khadre Diop s'est inscrit sur la liste de commandes, tout comme Keita Mamadou Yéro, de la Fédération des planteurs de café-cacao de Guinée-Conakry. L'expérience débute en 1994 à Joal quand, après plusieurs années passées dans le mareyage, Saliou Ndiaye se lance dans le recyclage des déchets de poissons qu'on trouve à profusion dans cette ville vouée à la pêche. Un pari nullement gagné d'avance. Il lui a fallu s'armer de patience et faire preuve d'abnégation. "J'étais la risée des femmes à qui je demandais de me donner les déchets. À présent, elles me les vendent à 350 Fcfa (0,5 €) la bassine de 7,5 kg", explique-t-il. Aujourd'hui, cette activité génère des ressources substantielles, d'abord aux femmes qui collectent et vendent ces déchets : "Quand la saison est bonne, nous gagnons jusqu'à 250 000 Fcfa (375 €) par mois", confient Astou Fall et Yacine Sow. L'entrepreneur, lui aussi, se frotte les mains. Ses sacs d'engrais de 50 kg sont vendus à 3750 Fcfa (5,6 €), contre 6500 Fcfa (9,75 €) le sac d'engrais chimique. Bios a été d'abord adopté par les paysans de la localité, obligeant l'unique distributeur d'engrais chimique à fermer boutique. "Quand j'ai démarré, dit Saliou, je n'avais que 400 000 Fcfa (600 €). Aujourd'hui, je réalise plus de 7 millions de Fcfa (10 500 €) de chiffre d'affaires mensuel, soit plus de 60 t de farine et d'engrais vendus."
Une réussite qui fait école
Cette activité a provoqué une véritable ruée sur la cité de pêcheurs. Des paysans, découragés par les mauvaises récoltes, ont pris le chemin de Joal devenu un Eldorado où l'on peut facilement gagner jusqu'à 2500 Fcfa (3,75 €) par jour, rien qu'en rangeant du poisson dans les fours. C'est le cas d'Aliou Diouf, cultivateur d'arachide reconverti dans cette activité "J'ai vendu mon bétail pour venir ici. Maintenant j'ai trois fours d'une valeur de 500 000 Fcfa (750 €) chacun", déclare-t-il. Le succès de ces produits dépasse désormais les frontières du Sénégal. Ainsi, Sidiki Fofana, jeune entrepreneur guinéen, exporte vers son pays de la farine de poisson. A Joal, il lui arrive de discuter ses dernières commandes avec son concurrent et maître, Saliou Ndiaye. Rentré fin mai de la Guinée-Conakry, il attend sa livraison pour remplir ses camions prêts à repartir chargés de farine, mais sans mouches.

copie /syfia



03/07/2010

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