Le Ministre de Pêches persévère dans l’erreur.

 

 

 

En Mauritanie, les armateurs russes courent davantage derrière les petits pélagiques et ce depuis des décennies jusqu'a nos jours, car ces petits poissons pélagiques tiennent une place considérable dans l’équilibre alimentaire de nombreuses populations, parmi les plus pauvres.

Ils représentent les volumes les plus importants dans les captures et surtout, sont les espèces les plus convoitées par l’industrie de la farine de poisson. Plus d’un quart des captures sont transformées en farine et en huile pour nourrir des poissons et des crevettes d’élevage. Avec le développement de l’aquaculture intensive pour satisfaire les besoins, toujours plus grands, des plus riches, les petits pélagiques sont détournés de leur vocation première, à savoir nourrir directement les populations démunies.

Ils sont, au contraire, orientés vers l’alimentation des poissons prisés par les habitants des pays riches. Ainsi, une grave menace pèse sur les petits pélagiques, celle d’une exploitation industrielle irresponsable qui se développe avec des armements russes démarchés par des lobbyistes sans scrupules. Plus de 50% des captures de ces poissons sont ainsi destinées à la minoterie.

La farine de poisson produite mondialement va à 46% à l’aquaculture, 24% à nourrir des porcs, 22% à l’alimentation des poulets. La tonne de farine de poisson, selon la qualité et le taux de protéines, peut être vendue entre 1.200 et 2.000 dollars US. Compte tenu de cette situation, la Mauritanie doit œuvrer pour la définition d’un plan de gestion des petits pélagiques bien réfléchi et surtout s’inscrivant dans la durabilité.

Pour les besoins d’une gestion responsable et durable, il est nécessaire de déterminer, scientifiquement, la quantité de poissons pélagiques qui peut être capturée, chaque année, et de s’en tenir à cette quantité par une décision politique. Sans jouer au sycophante, l’honnêteté nous oblige à dire qu’en continuant à délivrer des autorisations de pêche pélagiques, le Ministre de pêches M. Agdavna ould Eyih persévère dans l’erreur.

Il ne peut pas, logiquement, interdire aux pêcheurs artisans d’utiliser des filets de pêche en mono filament "Nylon" (interdiction tout à fait justifiée si on veut assurer une pêche durable) et en même temps, autoriser des chalutiers de 130 mètres avec un équipage de 127 hommes piller, sans retenue, notre stock halieutique. Einstein avait raison de dire, "Le monde est dangereux à vivre, Non à cause de ceux qui font du mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire".

Source http://www.cridem.org/C_Info.php?article=627690



11/04/2012

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