Mauritanie-Espagne: Visas diplomatiques contre Poulpes?

 

En conformité avec  la résolution du Parlement Européen, les négociations en cours entre l'Ue etla Mauritanie, entendent préserver les stocks surexploités à l'armement national. Il en est ainsi de celui des espèces démersales, notamment l'espèce lucrative du Poulpe. Une éventualité que tente d'exorciser le gouvernement espagnol dépêchant sa secrétaire d'Etat aux affaires maritimes, Mme Vilamiz Iglesias. Mieux encore, une mission de scientifiques espagnols, devrait séjourner à Nouakchott, à partir de mardi, pour "convaincre" les scientifiques mauritaniens, échaudant une nouvelle thèse en contradiction avec le constat de surexploitation du poulpe déjà observé par l'Imrop.

 

Les négociateurs mauritaniens et les scientifiques de l'Institut Mauritanien de Recherches Océanographiques et des Pêches (IMROP) sont avertis. Le gouvernement espagnol, sous la pression du gouvernement des Iles canaries et des armateurs espagnols, tente de les faire capituler sur le constat de surexploitation des ressources démersales notamment celle du poulpe. A noter que la thèse des scientifiques espagnols n'est pas validée le Comité Scientifique et Technique sur la pêche (CSTEP) de l'UE, l'instance de référence en ce domaine.

 

L'impact de la résolution du PE

 

En effet, la résolution votée par le Parlement Européen, prise en mai dernier, a balisé les nouveaux contours des APP avec les pays tiers. Elle avait notamment insisté sur le développement du secteur des pêches en Mauritanie, par le biais de l’infrastructure, et la restriction de l’accès des navires européens aux seules ressources «excédentaires» ou celles qui ne sont pas ciblées par les pêcheurs mauritaniens. Une résolution vite combattue par la France et surtout l'Espagne dont l'armement constitue la majeure partie des bateaux en activité en Mauritanie (voir tableau). Cette résolution a été prise inévitablement à l'encontre des espagnols qui ne ménageront aucun effort pour puiser dans le stock des céphalopodes. L'Espagne quoique mieux lotie quela Grèce ou encore le Portugal traverse une crise financière et économique insidieuse. Le secteur des pêches et l'industrie en annexe notamment le rôle du Complexe frigorifique de Las Palmas ainsi que les usines subiraient probablement le contrepoids d'une telle restriction. La nouvelle politique de débarquement prévue dans les futurs accords ainsi que l'exclusivité éventuelle à l'armement national pourraient laisser sur les carreaux le secteur des pêches espagnols qui peine à se restructurer.

C'est d'ailleurs pourquoi l'on assiste à une multiplication de "gestes" de bonne volonté de la part de Madrid (levée de visas pour les diplomates mauritaniens) pour "amadouer" les autorités mauritaniennes.

 

Course contre la montre

 

Le temps presse aujourd'hui pour le gouvernement espagnol acculé de toute part. Il souhaiterait probablement sauver l'accès des navires espagnols aux ressources en poulpe mauritanien dans le cadre du futur accord qui devrait entrer en vigueur dès la fin juillet 2012. Il faut rappeler ici que l’APP, signé en juin 2006 entre l’UE et la Mauritanie, reste le plus important conclu avec un pays tiers en termes financier, économique et de possibilités de pêche. Il prévoyait néanmoins, la réduction graduelle de l'effort de pêche des bateaux européens sur des espèces sensibles en conformité avec les évaluations scientifiques sur l'état des stocks dans les eaux mauritaniennes. L"Ue versait, par cet APP, une contribution financière communautaire de 86 millions d’euros par an dont 10 millions devaient être "affectés pour soutenir des mesures telles que l'amélioration des infrastructures portuaires, le renforcement du contrôle des activités de pêche et la modernisation de la flotte artisanale".

Dans la réalité, c'est le Parlement Européen qui en avait d'abord décidé ainsi alors que l'Espagne fait face depuis 2008 à la crise économique la plus sévère de son histoire récente. Selon les analystes, dans ce pays, le PIB en 2009, areculé de - 3,7%, "le déficit budgétaire a atteint 11,2 % du PIB, la dette publique 53,2 %, et le taux de chômage s’est élevé à 18 % de la population active". L’Espagne enregistre encore le plus fort taux de chômage de la zone euro et de l’OCDE avec 20, 33 % de la population active en 2011. Un marasme du secteur des pêches aggraverait donc une situation économique déjà incertaine.

C'est probablement, dans ce cadre, qu'il faut replacer la visite de la secrétaire d'Etat espagnole. Elle a été reçue hier (lundi) par le président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz. A l'issue de cette entrevue, la responsable espagnole a inscrit sa visite dans le cadre de "la détermination de son pays à consolider ses relations avec la Mauritanie, notamment dans le domaine des pêches, y compris la formation et le développement des capacités des marins mauritaniens".
La veille de cette rencontre, le premier Ministre, Dr Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, recevait également l'ambassadeur espagnol à Nouakchott, SEM. Alonso Dezcallar Y Mazarredo.
Jedna DEIDA

 

 

 

 

 

 

Catégorie de pêche

GT ou licences maximales par période de licence

État membre

GT, licences ou plafond de captures annuel par État membre

Catégorie 2: Chalutiers et palangriers de fond de pêche au merlu noir

9 570 GT

Espagne

7 313 GT

Italie

1 371 GT

Portugal

886 GT

Catégorie 2: Chalutiers et palangriers de fond de pêche au merlu noir

3 240 GT

Espagne

3 240GT

Catégorie 3: Navires de pêche des espèces démersales autres que le merlu noir avec des engins autres que le chalut

1162 GT

Espagne

1 162 GT

Catégorie 4: Chalutiers congélateurs pêchant des espèces démersales

375 GT

Grèce

375 GT

Catégorie 5: Céphalopodes

13 950 GT
32 licences

Spain

24 licences

Italie

4 licences

Portugal

1 licence

 

Grèce

3 licences

Catégorie 6: Langoustes

300 GT

Portugal

300 GT

Catégorie 7: Thoniers senneurs congélateurs

22 licences

Espagne

17 licences

France

5 licences

Catégorie 8: Thoniers canneurs et palangriers de surface

22 licences

Espagne

18 licences

France

4 licences

Catégorie 9: Chalutiers congélateurs de pêche pélagique

17 licences pour un tonnage de référence de 250 000 tonnes

 

 

Catégorie 10: Pêche au crabe

300 GT

Espagne

300 GT

Catégorie 11: Navires de pêche pélagique au frais

15 000 GT par mois en moyenne annuelle

 

 

 

Source UE

source ROJEPRAO



12/10/2011

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