Pêche : colère des artisans.

 

 

 

Les pêcheurs mauritaniens regroupés au sein de l’union des coopératives le « mole » s’inquiètent de la rareté du poisson dans le pays. Selon leur président Yali Ndiaye, ce manque de poisson est du à la mauvaise organisation du secteur. Dans son coup de gueule, il indexe le manque d’organisation du secteur, l’utilisation du mono-filament et les accords de pêches d’être les responsables de cette pénurie.

Devenu rares dans les étals, le poisson continue de fuir les filets des pêcheurs artisanaux depuis quelques mois. Après son séjour à Ndiago, Yali N’diaye, président de l’Union des coopératives « le mole » explique les causes de la rareté de poisson dans les marchés.

« Le premier constat vient du manque d’organisation du secteur, surtout au niveau de La Délégation de Surveillance, de Protection et de Contrôle Maritime (DSPCM). Je ne sais pas, si ce sont les moyens qui leur manque, mais ils ne font pas normalement leur travail. De Ndiago à Mamghar, il n’existe que trois point de contrôle.

Ce qui handicape les pêcheurs, car les points de contrôles sont trop distants. Les menaces sont beaucoup plus accrues au niveau du parc national, qui est en fait, une zone protégée par l’Etat mauritanien. »

Il poursuit « Au niveau de cette zone, Il y’a des pirogues étrangéres qui viennent clandestinement la nuit et qui utilisent le mono-filament. Leurs filets détruisent le fond marin provoquant la migration des espèces vers d’autres pays tels que le Maroc ou le Sénégal voisin. L’absence de contrôle nocturne dans cette zone, leur facilite le travail.

Les pêcheurs étrangers qui ont la licence de pêche ne respectent pas la loi. Après leur prise, ils jettent dans la mer, tout ce qui n’est pas sardinelle. Des poissons morts qui font fuir les autres espèces de la zone. ».

Sur ce sujet, le PNBA est pourtant formel. Le contrôle porte ses fruits. Il reconnaît cependant que parfois des pirogues font des incursions furtives avant de prendre le large. D’ailleurs les statistiques parlent d’elles-mêmes. Sur toute l’année, seules 5 pirogues ont été prises dans les mailles de la surveillance des gardes-côtes du PNBA.

Le ministère des pêches décrié.

Selon lui, le mono-filament reste, leur seul problème « il tue le fond marin, si ca continue la mer n’aura plus de poissons. Plus de 1000 pirogues clandestines pêchent dans la mer avec du monofilament. Ce qui explique en quelque sorte la rareté du poisson dans le pays. Nous avons discuté avec le ministre du commerce qui nous a mis en relation avec le directeur de la DSPCM.

Ce dernier nous avait assuré que le mono-filament allait être éradiqué de nos cotes, mais on n’a vu aucun changement. Pour y arriver, Ils doivent responsabiliser les pêcheurs locaux. Ndiago et 140 sont les points les plus importants du pays, car ils constituent des zones de reproduction pour les poissons. Ndiago est un point de débarquement très important. Beaucoup de poissons proviennent de ses cotes.

De janvier jusqu’à nos jours, 40tonnes de mérou (thiof) et 30 tonnes de langoustes ont été péchées par ses pêcheurs locaux. On voulait ouvrir des points de venteau niveau des quartiers défavorisés mais le ministère des pêches ne fait aucun effort pour nous soutenir. »


Les accords de pêches sont aussi décriés par Yali Ndiaye « les bateaux de pêche ne sont pas contrôlés régulièrement, ils libèrent des produits dans la mer pour attirer les poissons. La nuit, les bateaux descendent vers la zone artisanale et pendant la journée, ils remontent en haute mer. Ce qui crée souvent des accidents au niveau des cotes.

Selon lui, la pêche artisanale fait nourrir la population. « Tous les marchés locaux sont ravitaillés grâce aux produits de la pêche artisanale. Les produits de la pêche industrielle sont envoyés vers l’extérieur. Si le secteur venait à disparaitre, des milliers de famille seront dans le besoin. » Dans la réalité aussi, la pêche artisanale vend parfois directement à des intermédiaires installés en Mauritanie, si elle n’exporte pas tout simplement ses prises en poissons frais.

Demandant l’aide du gouvernement, il déclare « On demande au gouvernement d’investir à Ndiago une usine de glace, afin de mieux conserver les produits de pêche pour permettre une meilleure distribution. On n’arrive pas à rencontrer le ministre des pêches pour lui expliquer nos besoins et nos problèmes. On a envoyé des lettres partout. Nous avons sensibilisé les médias sur la problématique, mais la situation n’a pas évolué. D’ici le 15 novembre si le ministère ne réagit pas à nos doléances, nous allons mener des sit-in pour faire entendre nos réclamations. »



20/10/2011

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