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Pêche: l’Afrique défend ses intérêts et ses ressources halieutiques

Considérée comme la zone la plus poissonneuse du monde, les eaux de l’océan atlantique qui bordent l'Afrique attirent les chalutiers du monde entier. La pêche constitue une ressource économique primordiale pour le continent africain. Elle fait vivre des millions d'Africains. Mais elle est menacée par la dégradation de son environnement. Pêche industrielle massive, pillage des eaux, baisse des ressources halieutiques font craindre le pire pour les pêcheurs africains.

 

Signataires de différents accords de partenariat dans le domaine de la pêche depuis les années 1980, l'Afrique et l’Union Européenne tentent de réguler les prises et de limiter la surpêche. Mais ces accords ne sont pas toujours équilibrés. Aujourd'hui de nombreux pays africains font entendre leurs voix et cherchent à protéger au mieux leurs intérêts et celui des pêcheurs africains.
La pêche africaine menacée

L’Union Européenne est l’un des plus grands importateurs de produits de la mer. En effet, elle importe, chaque année, 3499 millions de dollars de poisson venus d’Afrique et près de 60% du poisson qu’elle consomme est issu de l’importation. Afin de subvenir à tous ses besoins, elle a signé des accords de pêche avec presque tous les pays côtiers d’Afrique, permettant à près de 300 navires européens de sillonner les eaux africaines. Entre 1993 et 1997, une moyenne de 240 000 tonnes par an (surtout du thon et des crevettes) auraient quitté les côtes africaines (principalement le Maroc, la Mauritanie, la Guinée Bissau, le Sénégal et l’Angola) pour rejoindre le marché européen. Cette surpêche empêche les stocks de poissons de se reconstituer surtout que pendant le même temps, de nombreux navires asiatiques et autres viennent piller sans aucune autorisation les fonds marins africains.

Une régulation difficile

Afin de lutter contre la surpêche, les pays africains signent aujourd'hui des accord de pêche "amélioré" (APP). Ces APP se sont considérablement développés ces 30 dernières années. Le premier a été signée en 1980 entre le Sénégal et l’Union Européenne. Leur principale justification tenait historiquement à la complémentarité entre des pays en développement disposant de ressources abondantes, et des pays développés confrontés à un problème de surcapacité. Ils sont calculés différemment en fonction du nombre de navires et des quantités de poisson pêchées par les pays partenaires.

Qu’ils soient entre l’Afrique et l’Europe, l’Afrique et le Japon, le Sénégal et la Mauritanie, ces accords n’ont qu’un seul dessein : organiser et réguler les activités de pêche au niveau international et pallier la baisse des ressources halieutiques. Quinze protocoles d’accords de ce type sont actuellement en vigueur. Les plus importants, en termes de poids financiers et de quotas de pêche, concernent la Mauritanie (2008-2012, 80 millions d’euros par an), le Maroc (2007-2011, 36,1 millions d’euros par an), la Guinée-Bissau pour (2007-2011, 7 millions d’euros par an) et les Seychelles (2005-2011, 5,35 millions d’euros par an).

L'Afrique défend ses intérêts

De nombreux APP prennent fin en 2012 et les Africains souhaitent bien en profiter pour obtenir davantage de compensation afin de financer leur développement. Par exemple, en Mauritanie, l'APP qui autorise  des navires des pays européens à pêcher dans les eaux mauritaniennes, en contrepartie du versement d’une aide de 305 millions d’euros sur quatre ans au secteur de la pêche national, arrivera à terme le 31 juillet 2012. Les Mauritaniens souhaitent désormais que cette aide augmente, en direction en particulier des équipements et infrastructures portuaires, afin que le nouvel accord soit « plus équilibré ».

De nombreux pays ont également décrété des repos biologiques pendant lesquels la pêche dans les eaux territoriales était interdite. Cette pratique est censé permettre aux poissons de se reproduire et d'assurer ainsi la pérennité des stocks halieutiques.

Source :rejoprao



11/04/2011

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