SENEGAL-PECHE-REPORTAGE

 

Le poisson est abondant parce qu’arrive la période de reproduction des espèces, selon des acteurs du secteur +++Par Khady Sonko et Seynabou Kâ (APS)+++

01/06/2012 18:27 GMT

Dakar, 1-er juin (APS) - L’abondance des prises observée depuis plusieurs jours n’est pas le résultat de la récente annulation de plusieurs autorisations de pêche par le gouvernement du Sénégal, soutiennent des mareyeurs, pêcheurs et femmes transformatrices rencontrés au quai de pêche de Soumbédioune, un quartier dakarois. Selon eux, le poisson est abondant parce que les espèces sont actuellement dans une phase de reproduction.

Vendredi matin, quelques personnes seulement sont sur le quai de pêche de Soumbédioune. Cet endroit reçoit pourtant beaucoup de monde. Très souvent. Le petit monde rencontré ici attend les pirogues. Sous des halls. Quelques pirogues sont immobilisées sur le rivage. D’autres sont jetées à l’eau.

‘’Le poisson est abondant depuis quelques jours. C’est la période de reproduction. Mais, il est prématuré d’affirmer que ce surplus est dû à l’annulation de certaines autorisations de pêche’’, explique Waly Dieng, un pêcheur devenu mareyeur.

M. Dieng s’emploie à trier des espèces de poisson ramenées d’une tournée en haute mer par les pêcheurs. Ce propriétaire de plusieurs pirogues – selon ses dires – est un fin connaisseur de la pêche. A l’entendre parler, on se rend compte qu’il connaît aussi la clientèle, notamment les femmes.

’’Il y a deux mois, les dorades et les mérous rouges se vendaient à 40 mille francs CFA la caisse. Maintenant, nous pouvons trouver la caisse remplie de ses espèces à 35 mille, 30 mille et même 25 mille francs CFA’’, explique Waly Dieng.

‘’Nous ne nous plaignons pas. Au contraire, nous rendons grâce à Dieu, car les prises sont de plus en plus intéressantes, depuis quelques jours’’, s’émerveille Arona Dabo, fraîchement rentré de la mer.

‘’Nous sommes en période de chaleur, qui est très propice à la reproduction du poisson. Le poisson sera abondant jusqu’à un certain moment. Ensuite, il se fera désirer’’, affirme M. Dabo, une caisse de mérous encore vivotant entre les mains.

Madou Diouf, mareyeur de son état, est sur la même longueur d’onde qu’Arona : ‘’On ne se plaint plus de la rareté du poisson. Les femmes ne se plaignent pas non plus. Les pélagiques, il y en a beaucoup et à bon prix.’’

’’Contrairement aux pélagiques qui pourrissent dans les marchés à cause de leur abondance, les espèces destinées à l’exportation se raréfient encore. Par exemple, le mérou bronzé et les gros poissons, très prisés par les exportateurs, sont introuvables’’, relativise Madou Diouf, assis dans un hall envahi par une odeur de poisson pourri.

Assise à l’intérieur de la mosquée de fortune érigée sur le quai de pêche, Arame Ndoye, une écailleuse de poisson, tire profit de l’abondance du poisson, comme d’autres acteurs du secteur. ‘’Le poisson est abondant grâce à la chaleur qui s’annonce. Nous souhaitons qu’il en soit toujours ainsi’’, se réjouit-elle.

Le gouvernement du Sénégal a déclaré le 30 avril dernier avoir annulé 29 autorisations de pêche octroyées à des chalutiers étrangers. La pêche, premier poste d’exportation pour le Sénégal et principal secteur pourvoyeur d’emplois, est en perte de vitesse depuis plusieurs années, à cause de la rareté des ressources de la mer.

 

KS/SK/ESF/OID

source: http://www.aps.sn/aps.php?page=articles&id_article=96867



02/06/2012

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