Un accord de pêche durable avec la Mauritanie

Economie

 

 

Maria Damanaki s’engage à trouver l’équilibre entre l’intérêt des poissons, ceux de la Mauritanie et ceux des pêcheurs européens.

Éviter la surpêche, investir dans des infrastructures portuaires et lutter contre la concurrence déloyale dans les eaux mauritaniennes : ce sont les trois grands objectifs du futur accord de pêche UE-Mauritanie annoncés par la commissaire européenne Maria Damanaki lundi 7 mars au Parlement européen.

Cet accord, le plus important avec un pays tiers, permet aujourd'hui à une centaine de navires européens, dont quelques thoniers français, de pêcher en eaux mauritaniennes dans la limite de quotas reglementés. En contrepartie l'Union a versé une contribution de 305 millions d’euros pour la période 2008-2012, ce qui représente 1/3 du budget du pays. Pour le renouveler, il faut trouver « un équilibre entre les ressources mauritaniennes et les intérêts des navires des pays-membres », a déclaré Maria Damanaki

La Commission tiendra compte des récents avis scientifiques sur la situation critique des stocks pélagiques, qui auraient baissé de 30% sur les côtes ouet-africaines. Le poulpe, très convoité par les chalutiers espagnols, est par exemple de plus en plus menacé par la pêche intensive, tout comme les sardines, maquereaux et anchois. Des enquêtes scientifiques sont actuellement menées - et d'autres suivront - pour actualiser les quotas de pêche

La Commission souhaite par ailleurs mieux contrôler la destination des contributions de l'Union en faveur du secteur de pêche de la Mauritanie. Elles s'élevaient à 9 millions d'euros en 2010. Elle place le développement d'infrastructures portuaires, créatrices d'emplois locaux, en haut de ses priorités. Sur 754 km de côtes mauritaniennes, il n’existe ni ports ni débarcadères en dehors de ceux de Nouakchott et de Nouadhibou – à l'extrême nord ouest du pays. Cette pénurie oblige les navires européens à aller débarquer leurs poissons dans d’autres pays.

Enfin, pour lutter contre la pêche illégale et la concurrence déloyale, la Commission souhaite renforcer les contrôles des licences, garantes du paiement par les armateurs de leur redevance d’accès à la zone de pêche. En ligne de mire: les pêcheurs chinois accusés de piller les ressources halieutiques sous couvert de pavillons mauritaniens.

En acceptant l’idée d’intégrer «une clause de démocratie et des droits de l’homme» dans le prochain accord, la Commissaire a approuvé la quasi totalité des demandes formulées par les eurodéputés. Ceux-ci se prononceront sur ses propositions lors de la plénière des 23-24 mars?

Entré en vigueur le 1er août 2008, l’accord de pêche actuel expirera le 1er août 2012. Les négociations sur le nouveau protocole devraient commencer en avril prochain. Une fois finalisé, l’accord devra obtenir le consentement du Parlement pour entrer en vigueur.

Source: mcsinfo.u-strasbg.fr

copie RIM24


12/03/2011

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